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Quelle victoire cette défaite ! – Par Elbow’s Dur

Aaahh ce samedi 18 avril, quel match!!

Notre plus belle victoire, quel dommage qu’ils aient oublié de le noter au score!

Parlons déjà du sol, un revêtement absolument étranger au monde des roulettes, un terrain tout mou fait pour le hand et le volley, un sol fait pour que les sportifs s’abiment les genoux le moins possible, un sol qui amorti, un sol allergique au derby!

Mais au bout de cinq minutes de jeu on a déjà oublié, on est toutes à égalité, les jambes se sont habituées, nous voilà concentrées sur notre jeu!

Crédit Photo ; Yan Leriche

Ca démarre fort, on prend vite l’avantage, nos bloqueuses tiennent et permettent à nos jammeuses de prendre le lead, marquer et stopper le jam, marquant ainsi des points avant que les adversaires en aient eu le temps!

Et personnellement, je me sens super bien sur le track, on communique bien, nos murs sont solides, quand l’une de nous tombe les trois autres sont réactives et viennent refermer le trou, nos jammeuses sont efficaces pour percer la ligne adverse et à nous toutes, on place notre jeu et on prend confiance!

Et puis je commence un peu à me mettre en colère… parce que quand je suis sur le track, j’suis très concentrée, je comprends les fautes qu’on me siffle, tout va bien. Mais quand je suis sur le banc, je peux pas m’empêcher de regarder ce qu’il se passe sur le track et ce que je vois m’énerve ! Je vois des filles de mon équipe qui partent en prison alors que je ne les ai pas vues faire de faute, je vois plusieurs fois la jammeuse de mon équipe partir en prison alors que d’après moi, c’est la bloqueuse adverse qui a fait une faute sur elle! Et ça c’est un avantage incontestable pour l’équipe adverse, un power jam, vous pensez bien, la fille de chez nous qui doit marquer des points n’est plus là, alors les bloqueuses de l’équipe adverse n’ont rien d’autre à faire que de venir nous gêner et nous empêcher de retenir leur jammeuse… pendant trente secondes, c’est loooong trente secondes!

Alors que ce soit clair : je ne reproche rien aux Refs! Au contraire, heureusement qu’ils étaient là sinon on n’aurait pas pu jouer, c’était leur deuxième match de la journée à arbitrer, le sol était difficile pour eux aussi, donc tout ce que j’ai à leur dire c’est merci d’être venus et d’avoir tenu!

Je décris ce que, subjectivement, j’ai vécu comme des injustices, mais s’ils ont sifflé je ne doute pas qu’ils avaient une bonne raison!

Continuer de jouer quand on a l’impression que tout ça n’est pas très très juste, c’est pas évident. On a une petite colère qui nous déconcentre, on se met à faire des fautes, alors c’est encore un peu plus difficile de ne pas s’énerver contre soi-même … cercle vicieux!

Crédit Photo : Yan Leriche

Et c’est la mi-temps, le moment où on se retrouve au calme en équipe, où la coach nous parle, appuie nos points forts, nous redonne l’énergie dont on a besoin! On s’encourage les unes les autres, on se soutient, on retourne sur le track  pour la deuxième mi-temps, plus déterminées que jamais!

Mais la deuxième mi-temps, je la démarre en prison… j’avais fait une faute sur la fin du dernier jam… ça annule pas tous les bienfaits de ces 15 minutes de pause, mais quand même moralement, c’est dur. On regarde les copines qui sont une de moins sur le track, on voit l’équipe adverse prendre l’avantage de suite, et on veut y aller mais c’est encore interdit … jusqu’au « ONE SIX TWO SEVEN – STAND », alors j’ai les roulettes qui me démangent, mon frein ronge la ligne … et hop, « ONE SIX TWO SEVEN – DONE », j’avale le track et me revoici en soutien avec les bloqueuses!

La seconde période passe vite, malgré la prison ce premier jam me remet dans le jeu. Fini les fautes, j’ai arrêté de me disperser en essayant trop souvent d’aider ma jammeuse, je reste concentrée sur mes missions principales : bloquer la jammeuse adverse et coordonner le travail des joueuses sur ma ligne. Quand je regarde le score je ne comprends pas, je nous sens bien dans le match, on place notre jeu, et pourtant point après point elles prennent l’avantage… c’est pas grave, les sensations sont géniales, on fait un super travail d’équipe, et c’est bien ça que je cherche sur le track!

Pour une égalité parfaite à la mi-temps, 71 à 71, elles ont finalement réussi à finir avec 11 points d’avance sur nous. C’est peu 11 points, en un jam c’est repris 11 points, alors c’est un peu frustrant 11 points.

Et pourtant quand le ref tend son bras vers l’équipe gagnante, c’est nous qui crions le plus fort.

Crédit Photo : Yan Leriche

Parce que chacune, on en a passé des défis pour tenir jusqu’à la fin du match.

Il a fallu une sacré endurance pour tenir tout le match sur ce sol. Il a fallu un sacré mental pour ne pas craquer quand il pleuvait des fautes et des prisons.

Il y a eu des rires et des larmes, il y a eu des bobos et des câlins, il y a eu des sourires qui valent mille paroles.

Il y a eu « si tu lâches je lâche. Si tu fais ta 7ème faute j’en fais une aussi. Si tu craques je craque, si tu baisses les bras moi aussi. Et on perdra deux joueuses. Mais on sait jouer, on est une équipe, on est un binôme, je vais tenir et toi aussi, tu vas y retourner et moi aussi, je vais pas faire de fautes et toi non plus. »

On a toutes évité la 7ème faute, celle qui nous interdit de finir le match, celle qui nous exclut, celle qui nous oblige à enlever nos patins, celle qui nous rend si impuissantes.

On a toutes tenu et on a tout gagné.

Quelle victoire cette défaite !

Merci à toutes.

Je vous aime les Harpies <3

Elbow’s Dur

Daisy What

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